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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/172

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à Lourdes, celle-ci fût descendue dans une arène qui, jusque-là, — du moins d’après ce que se figurait monsignor, — s’était trouvée restreinte au seul jeu des forces physiques. Le catholicisme avait mis de côté ses affirmations oraculaires, ses assertions absolues de sa divinité ; il avait rejeté ses robes d’autorité souveraine, et monsignor le voyait maintenant occupé à lutter, dans des conditions d’égalité parfaite, avec les maîtres de la loi naturelle. Bien plus, ces maîtres acceptaient à peu près unanimement l’Église comme leur maîtresse à tous. Il n’y avait rien qui la rebutât : elle admettait tous ceux qui venaient à elle en désirant son aide, sans établir la moindre distinction arbitraire entre eux afin de couvrir ses propres incapacités. Son unique désir était de guérir les malades ; son unique intérêt théorique, de fixer avec une précision de plus en plus grande, par degrés, la ligne exacte où finissait le règne de la nature et où commençait celui du surnaturel. Et si seulement le témoignage humain avait quelque valeur, dès lors le catholicisme avait démontré à mille reprises que, sous son égide, des forces curatives opéraient auxquelles aucune science naturelle ne pouvait fournir d’équivalent. Toutes les anciennes querelles du siècle précédent semblaient dorénavant closes. Aucune dispute n’était possible touchant les faits généraux. Ce qui restait encore à définir, au moyen de cette immense réunion d’experts internationaux, était simplement la limite exacte entre les deux mondes.