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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/17

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d’autre occupé à boire. Puis, d’un élan soudain, le plafond reparut au-dessus de lui. Il eut conscience d’être couché dans un lit sous une couverture rouge, d’avoir autour de soi une grande chambre aérée, et de voir deux personnes, un médecin en blouse blanche et une religieuse, debout près du lit, les yeux fixés sur lui. Il s’attarda longtemps dans cette perception définie, tout en observant la manière dont sa mémoire reprenait possession de lui. L’un après l’autre, des détails surgissaient à l’horizon de sa pensée ; et sans cesse il s’enfonçait plus en arrière dans ses souvenirs, par delà sa jeunesse jusqu’au plus loin de son enfance. Il se rappelait à présent qui il était ; il revoyait son histoire, ses amis, toute sa vie jusqu’à un certain jour, ou une certaine suite de jours, à partir desquels il n’y avait absolument rien dans sa pensée consciente. Puis il aperçut de nouveau les deux visages ; et l’idée lui vint, comme un éclair, de la possibilité pour lui de poser des questions. Si bien qu’il se mit à poser des questions ; et, très soigneusement, il examinait chaque réponse, la tournant et la retournant dans sa tête avec un degré de concentration dont il était stupéfait de se sentir capable.

« Ainsi donc, se disait-il, je suis à l’hôpital de Westminster ? Comme cela est curieux ! Bien souvent j’ai vu le dehors de cette maison. Un grand mur de briques décolorées. Et je suis ici depuis… depuis combien de temps, d’après ce qu’ils me disent ?… Oh !… depuis cinq jours ! Quel long