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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/169

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Monsignor se pencha également sur cette feuille. Une trentaine de paragraphes soigneusement numérotés donnaient la liste des cas qui devaient être examinés ce jour-là.

— Le numéro 14 ! murmura le P. Adrien. Ce numéro 14 était un cas de fracture de l’épine dorsale : une jeune fille, âgée de seize ans, une Allemande. L’accident était arrivé quatre mois auparavant. Le rapport, signé d’une demi-douzaine de noms connus, décrivait la paralysie complète des membres inférieurs, avec maints symptômes significatifs.

Monsignor releva la tête, et regarda la jeune malade. Il fut frappé de ses yeux fermés et de la décoloration de ses lèvres. Cependant, le P. Adrien lui disait à l’oreille :

— Ce cas attiré une attention toute particulière. On affirme que l’empereur d’Allemagne lui-même s’y est intéressé, ayant appris la chose par l’une des dames de sa cour, au service de laquelle se trouvait cette jeune fille. Le cas est d’ailleurs vraiment curieux, pour divers motifs. D’abord, la fracture est complète, et c’est déjà merveille que la jeune fille ne soit pas morte. En outre, ce cas a été retenu, comme une sorte d’épreuve, par un groupe de matérialistes berlinois. Ils s’en sont emparés, notamment, parce que la jeune fille avait déclarée plusieurs reprises qu’elle avait la certitude absolue d’être guérie à Lourdes. Elle assurait avoir eu une vision de la Vierge, qui lui avait promis