Ouvrir le menu principal

Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/168

Cette page n’a pas encore été corrigée


une demi-heure pour rendre compte de ses sensations nouvelles.

— Et vous êtes bien sûr que le nerf optique était détruit ?

Le P. Adrien le regarda d’un air surpris.

— Mais certainement ! Il a été examiné avec le plus grand soin avant-hier mercredi, dès son arrivée.

— Et vous croyez qu’il va pouvoir recouvrer la vue ?

— Le contraire m’étonnerait beaucoup, après ce qui lui est déjà arrivé.

La sortie du Russe avait causé un grand mouvement dans l’assistance, aux environs de la porte. Bientôt, un jeune médecin à l’œil vif fit un signe de tête, et l’on vit apparaître un brancardier suivi d’une civière.

— Mais comment avez-vous le temps d’examiner tous ces milliers de cas ? demanda monsignor, tout en regardant s’avancer la litière.

— Oh ! il n’y a pas un cas sur cent qui arrive jusqu’à nous ici ! De plus, ceci n’est que l’une des six salles d’examen. Ce sont seulement les cas les plus « sensationnels », ceux où il existe une lésion organique sérieuse, qui arrivent devant l’espèce de cour suprême que vous voyez autour de la table… Mais je me demande ce que peut bien être ce cas nouveau ? — ajouta-t-il, en tirant de sa poche la feuille imprimée qu’il avait déjà montrée, le matin, aux deux voyageurs.