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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/167

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quelque chose qui lui était vaguement familier… Le fait est que le nom de Lourdes, lorsqu’il l’avait entendu mentionner pour la première fois après son réveil, lui avait produit l’impression d’un nom bien connu ; et maintenant il croyait se rappeler que, depuis longtemps, les catholiques avaient voulu mêler la science aux phénomènes particuliers de cet endroit. Mais une autre impression survivait également en lui, consistant à admettre que les prétentions scientifiques de Lourdes avaient été reconnues décidément sans valeur…

Soudain le Russe se releva.

— Eh ! bien ? demanda monsignor au P. Adrien, pendant que les médecins du jury causaient entre eux à voix basse.

Le moine sourit.

— De tout ce qu’a dit cet homme, je n’ai retenu qu’une seule chose intéressante. Le président lui a demandé, tout à l’heure, s’il avait vu la foule, sur son passage, en venant ici ce matin.

— Et alors ?

— L’homme a répondu que ces gens qu’il voyait lui faisaient l’effet d’arbres en mouvement… Oh ! non, il ne se doutait pas du tout que la même chose eût été dite déjà, par un frère d’infortune guéri autrefois sur les routes de Galilée[1] ! Tenez, le voilà qui s’en va à la grotte ! Il reviendra dans

  1. Allusion à un passage de l’évangile de saint Marc, VIII, 24, où un aveugle en train de recouvrer la vue déclare que les hommes lui apparaissent « comme des arbres qui marchent » (T. W.).