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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/166

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paysan russe tout à fait typique, blond et barbu, les yeux clos, qui, en ce moment, répondait à une question du président assis au centre de la table.

Soudain le moine se retourna vers les deux nouveaux venus.

— Pouvez-vous comprendre le russe ?

Monsignor secoua la tête, négativement.

— Eh ! bien, je vous expliquerai tout après la séance ! dit le P. Adrien.

Monsignor éprouvait une impression singulière à se trouver assis là, dans cette chambre toute tranquille, après la poussée et le bruit des foules qu’ils n’avaient point cessé de rencontrer depuis le matin. L’atmosphère générale de la chambre était, d’ailleurs, éminemment pratique et positive, sans rien de religieux qu’une statue de Notre-Dame de Lourdes fixée dans le mur au-dessus de la tête du président. Et ces douze hommes, qui se tenaient assis là, eux aussi, semblaient animés de dispositions toutes positives. D’âges et de pays divers, tous portant la blouse blanche du médecin, avec des papiers étalés devant eux, ils se penchaient en avant, ou s’adossaient à leurs sièges, mais tous semblaient écouter et observer attentivement le paysan russe qui, toujours les yeux fermés, répondait aux brèves questions du président. Aucune trace d’excitation religieuse dans l’air : un milieu de pure et simple recherche scientifique.

Avec cela, l’homme qui avait perdu sa mémoire ne pouvait s’empêcher de sentir autour de