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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/162

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donnant accès aux quartiers populeux, au delà du torrent.

Monsignor était frappé de l’étonnante atmosphère de paix et de pureté qui rayonnait autour de lui. Le blanc était la couleur prédominante, sous le bleu profond du ciel méridional. L’été régnait alors dans toute sa gloire, avec une brise enivrante comme le vin et fraîche comme l’eau. De l’autre côté de la place, le prélat entendait nettement le bruit rapide de cette brise agitant l’énorme bannière de Marie qui pendait au-dessus du bureau : car il n’y avait point là d’automobiles pour assourdir les oreilles. Le transport des malades se faisait au moyen d’aéroplanes, qui glissaient comme le long de rails invisibles, se dirigeant vers les deux entrées du bureau ; et, après l’examen quotidien des médecins, les malades étaient portés en litières jusqu’à la grotte ou aux piscines.

Monsignor entendit un pas derrière lui, pendant qu’il se tenait immobile, plongé dans sa contemplation, mais non pas sans que, malgré lui, une nouvelle poussée de scepticisme se fil jour du fond de son esprit. Se retournant, il vit le P. Jervis en train de saluer un jeune moine vêtu de l’habit bénédictin.

— Je m’attendais bien à vous rencontrer ici ! s’écriait le vieux prêtre. Vous vous rappelez monsignor Masterman ?

Un échangea des poignées de main.

— Le P. Adrien ne bouge plus guère de Lour-