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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/16

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oreilles étaient pleines s’alourdit, se changea en un vague murmure. Au lieu d’un bruit de marteaux enflammés retentissant dans des cavernes sonores, et d’un roulement continu de roues, et du pas régulier d’innombrables myriades de guerriers en armure, c’était maintenant quelque chose comme l’arrivée d’un flux au pied de hautes falaises, une note monotone et incessante entremêlée parfois d’une rumeur plus forte. Et cela encore avait exigé de lui une longue suite d’arguments et de déductions, avant qu’il pût en tirer une conclusion positive : mais cette conclusion avait fini par s’imposer à lui, et maintenant il avait la certitude d’être couché quelque part dans le voisinage de rues passantes. Puis, brusquement, il songea que l’endroit où il était devait être son propre appartement de Bloomsbury : mais un autre long regard au-dessus de sa tête lui prouva que le plafond blanc était beaucoup trop haut pour pouvoir être celui de sa chambre à coucher.

Et puis ce grand effort de pensée lui valut une impression de fatigue, d’inexprimable malaise. Il résolut de ne plus penser, par crainte d’entendre de nouveau le fracas des marteaux dans sa tête creuse.

Sa première perception un peu nette, après cela, fut celle de quelque chose qui s’appuyait sur ses lèvres, comme aussi de l’ombre d’une certaine saveur dans sa bouche. Mais ce ne fut qu’une impression très légère, comme s’il voyait quelqu’un