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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/154

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CHAPITRE VII

I

— Ce que je ne comprends pas encore tout à fait, dit monsignor, c’est le point dont je vous parlais l’autre jour, concernant la science et la foi. Je ne vois pas bien où l’une finit et où commence l’autre. Il me semble que la controverse élevée jadis à ce sujet ne peut pas s’être arrêtée. Le matérialiste affirme que la nature est l’auteur de toutes choses, et que les phénomènes les plus inexplicables nous apparaîtront tôt ou tard sous leur vrai jour, c’est-à-dire comme de simples manifestations des forces naturelles, lorsque la science aura fait de nouveaux progrès ; tandis que, pour le théologien, d’autre part, certaines choses se trouvent si évidemment en dehors du domaine de la nature qu’il est impossible qu’elles ne soient pas l’effet d’un pouvoir surnaturel. Voilà deux opinions qui m’ont toujours paru inconciliables ; et je n’arrive pas à deviner comment la société moderne a trouvé le moyen de les mettre d’accord.

Le P. Jervis resta un moment silencieux.

Les deux amis étaient assis sur le pont d’un