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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/153

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et de cette chapelle silencieuse et obscure où le Vicaire du Christ se tenait à genoux, confessant ses péchés, ce contraste produisait en lui un mélange singulier d’émotion et de trouble.

Jusqu’alors, depuis son inexplicable accident, il avait été initié par degrés à une nouvelle série de sensations, chrétiennes en vérité, mais avec cela tout humaines et temporelles d’aspect. Il avait commencé à apprendre que la religion pouvait transformer le monde extérieur et tourner à ses propres fins toutes les pompes et les gloires de l’existence extérieure. Il avait commencé à comprendre qu’il n’y avait rien d’étranger à Dieu, qu’aucune ligne de partage n’existait entre le domaine du créateur et celui de la créature. Mais voici que maintenant, d’un seul coup, il avait été ramené face à face devant des réalités plus intérieures, et avait aperçu, en quelque sorte, l’essence secrète de toute cette splendeur du dehors ! Le pape escorté et servi par tous les princes de la terre, le pape agenouillé devant un moine aux pieds nus : c’étaient les deux pôles entre lesquels se déployait toute la splendeur de la religion.

Et le visiteur demeurait toujours fixé sur place, un peu tremblant, tâchant à ressaisir sa pensée tourbillonnante. Puis il passa la langue sur ses lèvres, brusquement devenues sèches, et se remit en marche dans le grand corridor, pour aller rejoindre ses amis.