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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/145

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qu’ici, voyez-vous, il n’a eu à affronter aucune grande crise. On le dit très habile financier… Mais vous paraissez désappointé ?

— C’est que je ne m’attendais pas à le voir ainsi, dit le prélat, toujours songeur.

— Et pourquoi pas ?

— Il me semble occuper désormais dans le monde une position si extraordinaire ! Je me serais attendu à trouver en lui plus de…

— Plus de génie ? Mais dites-moi, monsignor, ne croyez-vous pas que l’homme moyen constitue le meilleur administrateur ?

— Voilà qui est de la démocratie toute pure !

— Pas du tout ! La démocratie n’accorde à l’homme moyen aucun pouvoir réel. Elle le noie parmi ses compagnons. Ce qui revient à dire qu’elle tue son individualité ; et son individualité est la seule chose précieuse, de tout ce qu’il possède.

Monsignor vint se rasseoir, en soupirant.

— Enfin, je crois que j’ai compris le monde présent ! répéta-t-il. Je commence à me rendre compte de la réalité de tout cela. Mais il faut encore que je voie bien d’autres choses, pour achever de me persuader !

— Quelle espèce de choses ?

— Ma foi, je ne sais pas trop comment vous l’expliquer… Je serais tenté d’appeler ce que je désire voir : le côté de la science. Jusqu’ici, je n’ai vu que le côté de la foi. Je comprends bien que toute la vie du monde se meut à présent sur le fon-