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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/144

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— Versailles même, dit-il, ne m’avait pas entièrement convaincu ! C’était une espèce de jouet, un jouet des plus agréables, en vérité, mais… (un silence) mais ce que nous avons vu aujourd’hui, c’est cela enfin qui me donne l’impression de la réalité.

— Comment cela ?

— Eh ! bien, je puis enfin comprendre pour mon propre compte que tout ce que vous m’avez dit est réel, que le monde est réellement devenu chrétien, et le reste. Ce sont ces gardes chinois, peut-être, qui ont contribué le plus à me convaincre. Sur l’instant, je les avais à peine remarqués : mais leur image m’est revenue en tête, et je n’ai plus cessé de penser à eux. Sans compter les autres choses, naturellement, ces souverains, et puis le pape !… Au fait, je n’ai pas pu bien distinguer son visage. Est-ce que ceci est son portrait ?

Il se releva brusquement, traversa la salle jusqu’à l’endroit où pendait le portrait. Celui-ci n’avait rien de très frappant : il montrait un visage assez banal, avec des lèvres étroitement fermées. On y voyait un homme assis dans un fauteuil très orné, vêtu et coiffé de blanc suivant l’usage.

— Il a une figure tout à fait ordinaire, songea tout haut monsignor. On dirait le visage d’un homme d’affaires !

— Oh ! oui, répondit le P. Jervis, il est ordinaire ! C’est un homme d’une probité irréprochable, et d’une intelligence très suffisante. Jamais encore jus-