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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/143

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CHAPITRE VI

I

Ce fut quelques minutes après qu’ils eurent achevé leur repas silencieux, ce soir-là, que monsignor se pencha soudain en avant, sur une chaise, dans la grande loggia fraîche, et se passa les mains sur les yeux comme un homme accablé de sommeil. Des rues, au dehors, arrivait encore un murmure d’innombrables pas, avec des échos de paroles et de chants.

— Fatigué ? demanda doucement le P. Jervis. Monsignor ne répondit rien pendant un instant. Il promena un regard autour de la salle, ouvrit et referma ses lèvres, et puis, se radossant, il sourit.

— Non, dit-il. Tout au contraire, c’est maintenant enfin que je me sens réveillé.

— Comment ?

— Oui, il semble enfin que tout cela a pénétré en moi. Tout cela, — je veux dire tout ce monde étrange. Aujourd’hui seulement, j’ai commencé à voir !

Il se tut de nouveau, et s’occupa lentement à bourrer une petite pipe qu’il avait apportée dans sa valise.