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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/139

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Et enfin ce Souverain lui-même apparut.

Monsignor Masterman s’occupait à considérer avec une véritable stupeur le passage des grands carrosses royaux, chacun surmonté d’une couronne, chacun entouré d’une petite garde de cavaliers. Il reconnaissait quelques-unes de ces couronnes ; et son cœur bondit de surprise lorsqu’il vit en pleine réalité, devant lui, la couronne impériale d’Angleterre, soutenue par le Lion et par la Licorne, avec au-dessous, dans le superbe carrosse doré, le charmant visage d’un jeune garçon tout coiffé et vêtu d’écarlate. Mais alors un silence soudain du murmure des voix le contraignit à retourner la tête, de nouveau, vers l’extrémité de son horizon.

La place n’était plus maintenant qu’une grande mer de blanc et de pourpre, avec toute sorte d’emblèmes, or, argent, et joyaux, étincelant çà et là. C’était la procession pontificale qui avait commencé ; et voici qu’en effet un groupe nouveau surgit sous les colonnes géantes du portique de Saint-Pierre ; et la clameur des trompettes d’argent fit savoir aux milliers de spectateurs que le Vicaire du Christ, sortant de son palais, s’avançait dans la ville qui était redevenue la Cité de Dieu.

Très lentement, le pape descendit les marches, une petite figure blanche et gemmée, parfaitement visible cependant sur le haut trône où elle était portée, tandis que d’immenses éventails s’agitaient derrière elle comme pour la protéger de l’air du