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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/138

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cuivres remplissait l’air. Un courant magnétique d’attention passait tout le long de la rue, pour aller se perdre à l’autre coin, du côté du fort Saint-Ange.

Puis ce fut l’approche de la procession, débouchant de la place dans la rue comme d’un étang dans un étroit canal. D’abord s’avançaient des troupes militaires, compagnie par compagnie, chacune ayant une musique à sa tête. Par degrés, les deux prêtres virent passer sous leur fenêtre tous les uniformes du monde civilisé.

Durant les premiers instants, le P. Jervis avait murmuré quelques noms à l’oreille de son ami ; il lui avait même mis la main sur l’épaule lorsque les lifeguards d’Angleterre étaient apparus, avec leurs visages imperturbables dominant la splendeur d’argent de leurs uniformes ; mais bientôt l’extraordinaire spectacle qui se constituait sur la place, et notamment sur les marches de la basilique, avait enlevé aux deux prêtres tout désir de parler. Monsignor Masterman put à peine disposer d’un coup d’œil pour les ligures monstrueuses de la garde impériale chinoise, qui passaient maintenant sous la fenêtre, en armures blanches et en casques compliqués, semblables à d’anciens dieux orientaux. Car sur la place, là-bas, la procession des princes était en train de se former ; et déjà les marches delà basilique commençaient à s’allumer d’écarlate et de pourpre, pendant que les cardinaux et la cour pontificale se préparaient à accueillir leur Souverain.