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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/136

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dépendre de l’Italie, et les Romains ne se seraient pas facilement accommodés d’un étranger. Mais cette situation imposait d’autant plus au pape le devoir de se détacher, après son élection, de tous ses liens personnels avec ses compatriotes de naguère. Il était tenu, pour ainsi dire, d’être à la fois deux choses : un Italien pour l’Italie et un non-Italien pour le reste de la chrétienté. Et pourriez-vous indiquer un autre moyen qui lui permît de réaliser ce dilemme paradoxal ?

Monsignor soupira de nouveau et se prit à rêver.

Le fait est que quelque part, au fond de son esprit, il y avait un courant profond de pensées, — ou bien encore comme une voix étrangère, — lui affirmant que l’ancienne attitude des papes, leur obstination à demeurer prisonniers dans le Vatican n’était rien qu’une pose sotte et vaniteuse. (Il supposait que, sans doute, il avait dû lire cela quelque part dans un livre d’histoire.) Sûrement, des catholiques eux-mêmes avaient coutume de juger ainsi ! Des catholiques s’étaient plu à déclarer que le Vicaire du Christ aurait agi d’une manière bien plus chrétienne, en acquiesçant à L’ordre de choses établi et en se contentant de vivre comme un simple sujet italien, sans désirer ni réclamer une possession dont saint Pierre, certes, n’avait jamais joui. À quoi bon toutes ces histoires, disait-on, touchant un certain Pouvoir temporel, alors que le Royaume du Christ « n’était pas de ce monde » ?