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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/135

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Monsignor eut d’abord quelque peine à se représenter exactement les dispositions adoptées pour l’ornementation de la vaste place circulaire. La façade de la basilique était tapissée, suivant la coutume italienne, de gigantesques tentures de drap rouge ; et jusqu’au haut des marches du seuil s’allongeait la large avenue de verdure qui cachait les dalles. Aux deux côtés se dressaient des groupes imposants de cavaliers, rangés là, sans doute, en attendant qu’ils pussent prendre leur place dans la procession. Sur la droite, immuable et magnifique s’élevait le palais du Vatican, sans autre ornement qu’une tenture décorant les Portes de Bronze ; et par-dessus tout cela, comme une bénédiction en pierre, se détachant contre le bleu vif du ciel, planait le dôme de la basilique.

Monsignor Masterman employa de longues minutes à examiner et à se rendre compte. Puis il se rassit au fond de sa chaise, avec un soupir.

— Autrefois, demanda-t-il, lorsque Rome dépendait du gouvernement italien, le pape ne sortait jamais du Vatican, n’est-ce pas ?

— Hé ! comment aurait-il pu en sortir ? Ne voyez-vous pas que la seule chose absolument nécessaire, au point de vue humain, pour que le monde accordât sa confiance à l’Église, était que le pape lui apparût vraiment un personnage supra-national ? Pendant bien des années, naturellement, l’usage était que le Souverain Pontife fût de race italienne : car son séjour à Rome le faisait