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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/134

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même, débouchait sur l’énorme place de Saint-Pierre.

C’était une vraie journée romaine, intensément claire et brillante, mais déjà assez chaude pour que monsignor pût se féliciter d’avoir choisi le rôle d’un simple spectateur. Sûrement, le retour du Latran, aux environs de midi, allait être pour les membres de la procession une épreuve sérieuse.

La rue et la place présentaient un aspect d’un éclat extraordinaire. Le pavé, d’abord, ne formait tout entier qu’une épaisse couche de verdure. Les maisons d’en face, où chaque fenêtre était encombrée de têtes, se trouvaient à demi cachées sous les tapisseries et les bannières ; et par delà les clôtures, de chaque côté des mâts enguirlandés, c’était également une masse compacte de tètes et de bras. Avec cela, un murmure continu, comme un bourdonnement étouffé et puissant produit par d’innombrables voix, dans toute l’atmosphère d’alentour. Car, depuis vingt-quatre heures déjà, la Campagne avait déversé sur Rome tous ses habitants ; et il n’y avait pas une ville en Italie, ni presque en Europe, d’où des aériens spéciaux n’eussent amené de pieux pèlerins pour assister à la l’été des Apôtres dans leur cité propre. Voilà donc pour les yeux et pour les oreilles : tandis que l’odorat, de son côté, aspirait délicieusement le parfum des plantes aromatiques semées sur le pavé, et déjà un peu foulées sous les pieds des chevaux galopants d’une centaine de gendarmes ou de messagers.