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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/128

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s’appuya de nouveau contre la fenêtre, il les vit passer à quelques coudées de lai, — du moins suivant ce qui lui semblait. C’était un grand objet d’un bleu éclatant, accompagné d’un son musical étonnamment clairet beau, qui s’élevait depuis une note profonde d’orgue jusqu’au son vibrant d’une flûte…

Il se sourit à soi-même en revenant s’étendre sur sa couchette, quelques minutes après. Il avait maintenant reconstitué et interprété sa vision. Ce n’était rien qu’un autre navire, se dirigeant en sens inverse, et qui, sans doute, venait de passer à des centaines de mètres du sien.

Allons, il s’agissait de tâcher à dormir un peu ! Bientôt l’on serait arrivé à Rome.

Les deux voyageurs avaient retardé le plus possible leur départ de Versailles, le P. Jervis ayant jugé que la France était, en somme, l’un des lieux du monde les mieux faits pour permettre à monsignor de renouer à nouveau les fils de la vie. Tout d’abord, la France était proche de l’Angleterre ; mais surtout elle se trouvait être, à présent, le grand théâtre de la curiosité universelle, en raison de la présence de cet empereur d’Allemagne dont l’avenir était directement lié à celui des destinées de l’Europe. Car le monde entier se demandait si le souverain allemand se rallierait au catholicisme, ou bien se mettrait décidément à la tête de la révolution socialiste et agnostique.

Et le fait est que le prélat avait beaucoup profité de ce séjour. Non seulement il s’était instruit le