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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/127

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De nouveau il se dressa sur le lit, se pencha en avant, referma les rideaux derrière sa tête, et regarda.

Il lui sembla que le ciel s’était un peu éclairci. Peut-être était-ce la lune qui se levait quelque part. Très loin sur la gauche, les masses blanches s’accentuaient et devenaient évidemment des montagnes couvertes de neige ; et ces montagnes se mouvaient, comme si le navire était demeuré immobile et que la terre courût au-dessous de lui. À ses pieds il voyait de longues raies noires, striées de blanc par endroits. Le bourdonnement de tout à l’heure semblait s’être changé en un sifflement continu, produit par l’air au passage de l’espèce de grand oiseau mécanique.

Mais soudain, devant soi, à une distance qui lui paraissait incalculable, il découvrit quelque chose de plus surprenant encore, quelque chose qui changeait d’aspect à tout instant. D’abord, ce n’était rien qu’une tache lumineuse ; et il croyait deviner une ville éclairée. Mais le caractère de la chose s’altéra pendant même qu’il formulait cette pensée, et trois lumières très brillantes, pareilles à des étoiles bleues, surgirent tout d’un coup, dans des positions sans cesse variées. Il regardait ces trois étoiles, stupéfait et quelque peu effrayé ; car il avait observé qu’elles montaient et s’approchaient avec une rapidité vertigineuse.

Oui, les voilà qui arrivaient ! Il se recula un instant, machinalement ; et puis, lorsqu’ensuite il