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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/126

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trique, il recommença à regarder. Et maintenant, par degrés, il put voir.

Tout droit en face de lui scintillait une immense masse blanche, à une distance qu’il lui était impossible de mesurer. Et cette masse blanche faisait courbe, par-dessous le navire aérien, jusqu’au point où elle rencontrait une autre masse noire.

Pendant tout ce temps, un silence profond. Quelque part seulement, dans l’air, monsignor entendait la note douce et continue d’un petit bourdonnement. Une fois, aussi, il entendit des pas au-dessus de sa tête, lents et réguliers comme ceux d’un veilleur qui marcherait de long en large sur le pont d’un navire.

Le prélat se rassit un moment, essayant de faire pénétrer de force dans son imagination les faits qu’il percevait, et ceux aussi que lui rappelait sa mémoire.

Ils avaient quitté Saint-Germain le soir précédent, après avoir dîné à Versailles. Ils étaient en train, maintenant, de franchir les Alpes, et arriveraient à Rome pour la messe et le déjeuner. Ce que le navire traversait en ce moment, c’était sans doute l’un de ces défilés dont il croyait savoir, — peut-être, en effet, d’après ses lectures historiques, — que jadis les trains de chemins de fer avaient coutume de les suivre mètre par mètre et spirale par spirale, dans un temps où il ne pouvait s’empêcher d’imaginer que lui-même avait vécu, lui-même voyagé de cette façon…