Ouvrir le menu principal

Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/125

Cette page n’a pas encore été corrigée


sion le ressaisissait, aux heures où l’instinct, libre de la contradiction des faits, s’affirme en nous avec le plus de force. Pareillement il en fut pour lui, cette nuit-là.

Il promena des yeux égarés autour de la petite chambre obscure ; puis il tâta le mur, au-dessus de sa tête, poussa un bouton, et tout fut inondé de lumière.

Il était étendu dans un petit lit pareil à une couchette de paquebot. À côté de lui se dressait une sorte de bureau fermé qui devait contenir et cacher des objets de toilette ; au-dessus de lui saillait une large planche, formant étagère, et deux petits rideaux de soie recouvraient une fenêtre. Sur la porte, devant son lit, pendait sa soutane de monsignor ; et la ceinture pourpre qui y était jointe lui rappelait, tout au moins, une partie des faits. La cabine était peinte en blanc clair, et du plafond émergeait un globe lumineux. Il eut ensuite une sensation de froid ; et, instinctivement, il se pencha en avant pour ramener sa couverture sur ses genoux. Alors, dans un éclair, il se ressouvint ; et, en dépit du froid, dès l’instant suivant le voilà hors du lit, agenouillé sur sa couchette et tâchant à regarder au dehors, entre les rideaux !

Tout d’abord, il ne put rien voir. Derrière la vitre, rien qu’un abîme insondable. Mais bientôt il se mit debout sur la couchette, et, ramenant les rideaux derrière sa tête pour s’abriter de la lumière élec-