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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/122

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choses d’Angleterre, leur parlait delà dispute théologique de la veille, et abordait même, avec une franchise surprenante, la situation politique de l’Allemagne. Monsignor Masterman, discrètement, laissait au P. Jervis le rôle d’interlocuteur principal.

C’est seulement lorsque la porte d’honneur du Château s’ouvrit au large, laissant voir des rangées d hommes en livrée, que le roi congédia les deux prêtres. Se retournant sur l’une des marches, il leur donna sa main à baiser ; après quoi il les invita à se relever, avec un geste plein de bonne grâce.

— Et ainsi vous allez à Rome ! demanda-t-il.

— Oui, sire, il faut que nous soyons là-bas pour la fête des saints Pierre et Paul.

— Veuillez mettre mes hommages aux pieds du Saint-Père ! dit en souriant le roi. Comme vous êtes heureux ! Pour moi, il y a plus de trois mois que je n’ai pas vu Sa Sainteté. Au revoir, messieurs !

Longtemps les deux prêtres marchèrent en silence, redescendant vers le Trianon.

— Mais tout cela est stupéfiant ! éclata enfin monsignor. Et le peuple ? Que dit-il ? Comment ne se fâche-t-il pas ?

— Mais de quoi se fâcherait-il ? demanda le P. Jervis.

— De quoi ? Quand ce ne serait que de se voir exclu du palais et du parc, où tout le monde naguère pénétrait librement !