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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/121

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au palais pour le repas de midi, ce spectacle contribuait plus encore que toutes les pompes officielles du jour précédent à le pénétrer de la parfaite réalité du changement incroyable où il assistait. Il avait l’impression, cette fois, que la beauté n’était plus seulement une addition de cérémonie, mais bien un élément naturel de la nouvelle vie des hommes.

Mgr Allet s’occupait à expliquer quelque chose, en rapides paroles françaises, à l’oreille du roi. Lorsque les deux Anglais s’approchèrent, le visage du souverain leur sourit aimablement.

— Je vous souhaite la bienvenue ! dit-il en excellent anglais.

Puis, se tournant vers les autres personnes du groupe, qui s’étaient levées en même temps que lui :

— Allons, messieurs, il faut que nous rentrions au Château ! Monsignor (reprit-il en s’adressant au prélat anglais), voudriez-vous m’accompagner jusque-là ?

Toute cette promenade semblait vraiment un rêve enchanté.

À loisir, la compagnie remontait vers le palais, à travers d’innombrables petites allées d’ifs ; derrière soi, monsignor Masterman entendait un bruissement continu de paroles françaises, tandis que, près de lui, le roi, toujours en très bon anglais malgré un accent de plus en plus sensible, interrogeait très courtoisement les deux voyageurs sur des