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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/120

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Pour le prélat anglais, la scène qu’il aperçut, en dépassant l’arche d’ifs et en pénétrant dans un large espace ouvert, de forme ronde, apparut bien la chose la plus étonnante de toutes celles qui étaient en train de l’émerveiller depuis son réveil.

Au centre du jardin, se voyait une pièce d’eau ronde, infiniment calme ; et dans ce miroir, abrité par les masses du feuillage qui l’entourait, se reflétait une peinture que l’on aurait pu croire vieille de deux siècles. Car, sur le banc de marbre en demi-cercle, par delà cette pièce d’eau, se montrait un croupe de figures costumées, une fois de plus, avec un étalage intrépide de vraies couleurs et de vraies splendeurs, comme aux jours où les hommes n’avaient pas encore commencé à se sentir honteux d’user publiquement de ces dons brillants de Dieu.

Il y avait là, peut-être, une quinzaine de personnes des deux sexes. Mais monsignor regardait surtout la figure centrale, qui, d’ailleurs levée et faisait quelques pas vers lui, pour l’accueillir. À deux reprises, la veille, il avait vu le roi de France, mais en des occasions publiques. De le revoir maintenant, à son aise parmi ses familiers, et cependant toujours encore vêtu royalement, dans son éclatant costume bleu et sous son magnifique chapeau à plumes, avec la haute canne qu’il portait en main, et de voir toute cette troupe gaie et brillante conversant et riant, se nourrissant délicieusement d’air et de lumière avant de rentrer