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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/118

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çait à comprendre, tout au moins d’une manière intellectuelle et abstraite, que si seulement il parvenait à concevoir comme possible et réelle la soumission du monde entier aux dogmes de l’Église, la conformité de la civilisation actuelle avec ces dogmes n’aurait plus, pour lui, rien de surprenant.

IV

Ce fut le lendemain matin qu’il se trouva admis à s’entretenir avec le roi de France.

Les deux prêtres avaient dit la messe dans leur oratoire et, une heure plus tard, se promenaient dans le parc, sous les fenêtres du Château.

C’était, de nouveau, une de ces journées d’or dont l’Europe était en train de jouir. Les deux prêtres avaient dépassé l’enclos réservé à la famille royale et se dirigeaient vers le Grand Trianon, que monsignor avait désiré visiter. Ils venaient d’émerger dans l’immense avenue centrale qui descend du palais à la pièce d’eau. Au-dessus d’eux s’élevaient les arbres gigantesques apprivoisés par l’art merveilleux de Le Nôtre. L’herbe formait comme un tapis, des deux cotés. Au-dessus de la tête des promeneurs, le ciel étincelait comme un joyau bleu ; et tout l’air était rempli d’une musique d’oiseaux et d’eaux jaillissant.

Les jardins étaient presque vides, ce matin-là. Par instants, seulement, une figure isolée appa-