Ouvrir le menu principal

Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/117

Cette page n’a pas encore été corrigée


naient de plus en plus merveilleux, malgré la parfaite simplicité qu’ils lui offraient.

De trois heures à sept, dans l’après-midi, il avait siégé, — dans l’une des stalles à la droite du trône, presque vis-à-vis de la plate-forme à double-pupitre, — au milieu de cette grande galerie de Versailles d’où l’on accédait autrefois aux petits appartements privés de Marie-Antoinette. Il avait écouté avec stupeur deux des plus célèbres philosophes français qui, respectivement, attaquaient et défendaient, avec un feu extraordinaire, les droits de l’Église à l’infaillibilité. De part et d’autre, les arguments lui étaient apparus très brillants. Et cette discussion s’était poursuivie en présence de deux souverains, de deux hommes qui représentaient l’autorité, et la représentaient avec autant de relief, sous les règles compliquées de l’étiquette royale, que naguère les hommes d’État de la démocratie, toujours la main tendue, et habillés comme leurs domestiques, avaient représenté le principe de l’égalité.

Et maintenant, tandis qu’il se tenait assis à sa fenêtre, les paroles du P. Jervis lui revenaient en mémoire avec une force nouvelle. Était-ce donc vrai que la seule raison qui lui fit paraître toutes ces choses étranges était son impuissance à imaginer pleinement que le monde, dans son ensemble, était désormais tout pénétré de christianisme ? Il en venait à croire que son vieil ami avait raison.

Car, tout au fond de son esprit, il commen-