Ouvrir le menu principal

Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/113

Cette page n’a pas encore été corrigée


les nations civilisées, est de dix enfants par maison. Mais avec tout cela le prêtre, lai, n’est nullement méprisé à cause de son célibat. Et pourquoi ? Parce qu’un prêtre est un père spirituel ; parce qu’il enfante pour Dieu des enfants spirituels, et se charge de les nourrir et de les élever. Pour un athée, naturellement, cela n’a pas de sens ; aux yeux d’un agnostique, le bienfait d’un tel rôle paraît douteux. Mais il faut vous rappeler, mon cher monsignor, que ces deux espèces-là sont à peu près éteintes parmi nous. La totalité presque complète du monde civilisé d’aujourd’hui est si profondément convaincue de la réalité du ciel et de l’autorité de l’Église qu’elle s’accorde à considérer tout naturellement un prêtre comme produisant beaucoup plus de famille. C’est le prêtre qui fait vivre l’appareil social, ne sentez-vous pas cela ? Et que, dans ces conditions, l’homme qui sert l’autel ne doive pas être gêné par des liens temporels, cela est si simple et si évident que personne désormais ne prendrait plus la peine de discuter avec nous sur ce point.

— Et l’obstacle apporté par l’Église à l’éducation ? dit monsignor.

— Mon cher ami, répondit le P. Jervis, il est vrai que l’Église a dans ses mains l’éducation de tous, ainsi qu’elle l’avait, eu fait, jusqu’au moment où l’État la lui a enlevée et puis s’est plu à lui reprocher de l’avoir abandonnée. D’une manière générale, tous les savants d’à présent, tous les spé-