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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/108

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que d’un conflit entre un socialisme dorénavant usé et les anciennes doctrines conservatrices revenues en honneur. Cette réaction avait placé sur le trône de France le père du roi actuel, et puis, lorsque le roi ainsi restauré était mort, il y avait environ deux ans, son fils lui avait succédé. Âgé maintenant d’à peine vingt ans, il n’était pas encore marié : mais le bruit courait de prochaines fiançailles avec une princesse espagnole. Ce jeune roi semblait très loin d’avoir atteint sa majorité, mais il jouait son rôle de roi avec une dignité parfaite, tout en y prenant un plaisir d’enfant ; et la race, foncièrement romantique, de ses sujets avait été ravie de le voir ressusciter une bonne partie des traditions d’éclat et de magnificence des siècles précédents, dépouillées seulement des scandales qui les avaient jadis accompagnées. De jour en jour, la France retournait à son ancienne chevalerie, et par là même à sa puissance de jadis.

Le second des personnages qu’il était indispensable à monsignor de connaître était le cardinal archevêque de Paris, le cardinal Guinet, un très vieil homme, occupant un très haut rang dans l’Église, et qui sûrement aurait été élu au dernier conclave s’il avait eu simplement quelques années de moins. Le cardinal Guinet était, par excellence un « intellectuel » ; entre autres choses, on le regardait comme l’un des premiers physiciens de L’Europe. Il n’était entré dans les ordres qu’à plus de quarante ans.