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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/106

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lesquelles son compagnon et lui venaient d’entrer dans la cour ; et là, comme sortie tout d’un coup du sol, se tenait une foule respectueuse, attendant le passage de son souverain. Elle formait deux rangées, bordant l’ample avenue par laquelle jadis, — se rappelait monsignor, — des milliers de femmes étaient venues chercher furieusement la reine qui régnait en ce temps-là.

Se retournant de nouveau vers le palais, monsignor aperçut, au milieu d’une vingtaine de gardes à cheval, un grand carrosse doré que conduisaient des chevaux blancs, et au-dessus duquel se dressait la couronne de France.

Deux hommes se tenaient assis dans le carrosse, occupés sans arrêt à saluer de droite à gauche. L’un était un homme jeune et de petite taille, à la mine très vive, avec une barbe brune coupée en pointe. L’autre était un gros homme massif, aux cheveux blonds, le visage sanguin. Tous les deux étaient vêtus de robes pareilles, où prédominaient le rouge et l’or ; et tous les deux portaient de larges chapeaux à plume ayant un peu la forme des chapeaux de prêtres.

Puis le carrosse franchit les hautes portes dorées, et un nuage de poussière, soulevé par les sabots des chevaux, cacha même le second groupe de cuirassiers qui fermait le cortège. Au moment où les deux prêtres se retournaient vers le palais, ils virent que la bannière descendait du poteau élevé où ils l’avaient vue flotter tout à l’heure.