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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/105

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— Un boucher ?… je ne puis pas m’en rappeler un pour le moment. Mais, par exemple, il y a le duc de Southminster, qui est boulanger !

Monsignor se tut. Oui, en vérité, tout cela lui apparaissait aussi simple qu’étonnant.

Ils avaient dépassé maintenant les portes de l’énorme et magnifique Château de Versailles. Au delà de l’immense cour où ils se trouvaient s’élevaient les centaines de fenêtres des chambres où les rois de France vivaient, de nouveau, comme ils y avaient vécu deux siècles auparavant. Au centre du palais, sous le léger ciel d’été, flottait la bannière royale ; et les armes de France, sur leur fond bleu, indiquaient que le roi était au palais. Soudain, une sonnerie venant d’un portique latéral, à une centaine de pas de l’endroit où étaient parvenus les deux prêtres, força le P. Jervis à s’arrêter.

— Nous ferions mieux de nous écarter un peu, dit-il. Nous sommes tout juste sur le passage.

— Qu’y a-t-il donc ?

— C’est quelqu’un qui va sortir du palais !… regardez !

Jaillissant de l’ombre dans la pleine lumière, avec des flamboiements d’argent, s’avançait un détachement de cuirassiers. Deux hérauts chevauchaient en tête ; et les échos de l’appel prolongé de leurs clairons se répercutaient des deux côtés du Château.

Derrière cette troupe brillante de cuirassiers monsignor aperçut des chevaux blancs et un étincellement d’or. Il se retourna vers les portes par