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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/101

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— Oui, sans doute, mais…

— Rappelez-vous toujours notre nature humaine, monsignor ! En fin de compte, c’était seulement un excès de vanité personnelle qui portait autrefois les hommes à affecter de vouloir se passer de tout agrément extérieur. N’est-il pas beaucoup plus simple et plus naturel d’aimer et de rechercher la beauté ? N’est-ce pas ce que fait instinctivement tout enfant ?

— Oui, oui, cela est vrai. Et, en effet, impossible de nier que ces costumes soient étonnamment pittoresques ; mais je ne peux pas m’empêcher de croire que, en outre, ils doivent signifier quelque chose.

— Hé, sûrement, ils signifient quelque chose ! Et je ne peux pas imaginer, pour ma part, comment les hommes ont jamais réussi à se passer de cette signification-là. On assure que, il y a encore à peine cent ans, tous les hommes s’habillaient de la même manière. Comment était-ce possible, et comment parvenait-on à reconnaître à qui l’on avait affaire ?

— Oh ! j’ai l’idée que cela se faisait à dessein ! murmura monsignor. Voyez-vous, j’ai l’idée que les bourgeois avaient quelquefois honte de leur condition, et désiraient qu’on les prît pour des gens du monde.

Le P. Jervis haussa les épaules.

— — Mais voilà ce que je ne peux pas comprendre ! dit-il. Si quelqu’un avait honte de sa condition, pourquoi donc y demeurait-il ?