Page:Benserade - Poésies, éd. Uzanne, 1875.djvu/201

Cette page a été validée par deux contributeurs.
165
STANCES, SONNETS, ÉPIGRAMMES.




Sur l’Amour d’Uranie avec Philis.

STANCES.


Je ne murmure pas, infidelle Uranie,
De vôtre trahison ;
Et je ne prétens point, dessous ma tyrannie,
Gêner vôtre raison.

Si pour un autre Amant vous aviez pris le change,
Je l’aurois enduré :
Je blâmois vôtre amour, et je trouvois étrange
Qu’il avoit tant duré.

Je n’ai rien de charmant, ni rien de comparable
À vos perfections ;
Et vous êtes d’ailleurs d’un sexe variable
En ses affections.