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Page:Benserade - La Mort d’Achille et la dispute des armes.djvu/97

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LA MORT D’ACHILLE.

Qu’il teſmoigne pourtant une conſtance inſigne,
Et s’il n’a pas ce prix qu’il en paroiſſe digne,
Supportant ce refus ſans en eſtre eſtonné
Il eſt plus glorieux vaincu que couronné,
Ces armes qu’on luy nie apres luy ſeront deuës,
Ou ne les gagnant pas il les aura perduës.
Ulyſſe, on vous cognoiſt, & non pas d’aujourd’huy,
Pour Ajax, tout ſalaire eſt au deſſous de luy.
Ouy, brave, & fort Ajax, j’ay charge de vous dire
Que la Grece vous doit l’honneur de voſtre Empire,
Contre Hector, & pour nous parut voſtre vertu,
Vous l’avez repoußé, vous l’avez combatu,
Enfin vous meritez agiſſant de la ſorte,
Au deſſus de ce prix, mais Uliſſe l’emporte.


Ulisse prend les armes.

Pour ces armes mon cœur a fait des vœux ardens,
Aſſurez-vous (Gregeois) que je mourray dedans.


Agamemnon à Ulisse.

Ses yeux, & ſon ſilence expliquent bien ſa rage,
Ulyſſe, adouciſſons ce violent courage.


Ulisse.

J’y conſens, j’ay mon prix. Que veux-tu, cher Amy ?
Ces armes ne t’auroient ſatiſfait qu’à demy,