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Page:Benserade - La Mort d’Achille et la dispute des armes.djvu/76

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TRAGEDIE.


Achille.

Vostre danger est grand. « Qui dans ſon entrepriſe
Voit touſjours le danger à la fin le meſpriſe : »
Mais je n’ay pas ſujet de craindre en ce lieu-cy,
Je ne me vis jamais plus ſeurement qu’icy,
Une tréve ſacree eſt ma juſte deffence,
Et par elle s’endort la haine, & la vengeance,
Je goute le repos des plus laſches humains,
Loin des coups, dans un Temple.


Alcimede.

Loin des coups, dans un temple. Et c’eſt pourquoy je crains.


Pâris preſt à porter ſon coup.

Je ſais l’endroit fatal où je dois faire breche,
Juſte Ciel, vange Troye, & conduis cette fleche.


Achille.

Qui ſe prendroit à moy ? qui ſeroit l’inſenſé
Qui viendroit m’attaquer ? mais Dieux ! je ſuis bleßé.


Pâris pareſt, & les Troyens accourent.

À nous, Troyens, à nous.


Alcimede l’eſpée à la main.

À nous, Troyens, à nous. Aſſaſsins execrables !


Achille ſe voulant deffendre.

Je vengeray ma mort, infames, deteſtables,