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pour ma nouvelle expédition au haut Nil, je reçus du consul la proposition d’emmener M. Beechey. Rien ne pouvait m’être plus agréable que la société d’un jeune homme dont le caractère s’était annoncé sous des rapports très-favorables depuis que je le connaissais. J’étais persuadé qu’après s’être sevré des aisances de la vie, auxquelles il était habitué, il ferait un bon voyageur. Quoiqu’il ne soit pas facile de passer tout à coup des habitudes d’une grande maison, à la vie irrégulière et grossière qu’on mène dans un voyage sur eau, M. Beechey s’accoutuma néanmoins au changement ; et, au bout de quelques mois, il devint indifférent à tous les sacrifices pénibles qu’il avait à faire.

Quant à ma femme, je la laissai cette fois dans la famille de M. Cochini, chancelier du consulat anglais. Lorsque nous fûmes sur le point du départ, nous prîmes congé du consul et de M. Burckhardt, qu’il était dans ma triste destinée de voir pour la dernière fois.