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bronchique ou des mucosités filantes accumulées dans les voies aériennes. Cette expérience, nous l’avons répétée plusieurs fois sur nous-même et sur plusieurs de nos camarades, et il nous a été impossible d’observer les effets énoncés, du moins avec la faible dose indiquée. Aussi sommes-nous à nous demander si, pour ressentir cette sensation de chaleur, ce picotement et enfin la toux, il ne faut pas qu’une accumulation de mucus bronchique dans les poumons réclame des efforts expulsifs de l’appareil respiratoire. Néanmoins, l’effet expectorant, nous l’avons observé, et même dans les observations que nous avons citées, chaque fois après l’administration de la naphtaline à des chiens, nous avons remarqué la toux, des efforts comme pour éliminer une cause d’embarras bronchique. L’effet propre aux médicaments incisifs et expectorants, ajoute M. Dupasquier, est infiniment plus prononcé avec la naphtaline que lorsqu’il est produit par la gomme ammoniaque, le baume de tolu, l’acide benzoïque, etc., qui sont regardés comme les plus énergiques parmi les agents thérapeutiques de cette classe.

Cette propriété de la naphtaline, non encore signalée, a fait penser à cet auteur que ce carbure d’hydrogène pourrait prendre place et même être mis en première ligne parmi les médicaments expectorants. L’expérience clinique a confirmé cette prévision. La naphtaline, employée dans les cas où une vive stimulation de la muqueuse bronchique est nécessaire et même urgente, a produit d’excellents résultats ; c’est ce qui a été observé chez un assez grand nombre de vieillards débiles, atteints de catarrhe pulmonaire chronique, et arrivés à un état de suffocation imminente par l’effet de l’impossibilité où ils étaient d’expulser les matières muqueuses, glutineuses, qui obstruaient les