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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/96

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Mlle Blanche Lamontagne

« Un Christ au mur, un clocher sur la ligne des campagnes, un signe de croix sur les guérets ou sur l’entame du pain, c’est notre foi canadienne dans sa simplicité, dans sa gravité. Foi et sensibilité animent toute l’œuvre, lui donnent des ailes, la font palpiter. Au cœur des choses et dans la trame des activités de l’homme, le doux mysticisme du poète place toujours la vivante Réalité divine. C’est la grandeur du livre.

« La critique, avec les précisions que requiert l’analyse, voudra définir l’originalité de Blanche Lamontagne. Je salue une œuvre canadienne. Le poète gaspésien a-t-il renouvelé les thèmes affectionnés des Harel, des Dupont, des Déroulède, des Mercier et des Vermenouze, beaux chantres qui célébrèrent, après mille poètes, le Pain, le Blé, la Colline, le Vent, les Clochers,le Laboureur, la Maison ? La question se pose aux critiques. Pour nous, Blanche Lamontagne s’avère un vrai poète, et un poète de chez nous. Elle incarne, avec des nuances exquises, avec des vers qui nous bercent, la Laurentie.

« Aujourd’hui, en écoutant cette voix qui nous vient de la Gaspésie, en écoutant aussi d’autres voix qui montent, murmures, notes effacées qu’on ne remarque pas encore, préludes, peut-être, des larges cris de demain, nous sentons que notre poésie s’affirme reine du Saint-Laurent.

« Je le répète, et que ce mot résume la gloire de Blanche Lamontagne, c’est ma manière de saluer cette muse “ éprise d’un rêve très vaste et très beau, qui va du foyer à l’église, qui va de la tombe au berceau ”, oui, la Gaspésie a son poète. Que les Laurentiens se le disent tout le long du pays. »