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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/94

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Mlle Blanche Lamontagne

cette jeune école qui a résolu de faire cesser le paganisme littéraire, par l’alliance renouvelée de la pensée et de la foi et par la remise à la nature de son sens divin. Digne émule de ces jeunes artistes catholiques, Mlle Lamontagne paraît d’avis que sous notre front lavé par l’eau du baptême, la pensée et les chants mentiraient qui ne seraient pas imprégnés de beauté surnaturelle. »

C’est maintenant au poète aimé Albert Borland, l’auteur du Canada Chanté, de nous dire l’émotion, la griserie même que ces poèmes ont éveillé dans son âme :

« Aujourd’hui, avec une douceur, une pureté d’Angelus, sonne sur nos rives un chapelet de poèmes qui nous émeuvent parce qu’ils sont nés chez nous, dans la Gaspésie. Nous sommes grisés par ce bruit ailé, et malgré l’obsession de la guerre, notre pensée se tourne vers la bouche du Fleuve, pour saluer Blanche Lamontagne, l’auteur de ce livre plein de fraîcheur, Par nos champs et nos rives.

« Hier, si la promesse enclose dans les Visions gaspésiennes a pu faire espérer un chant plus large, qui donc pressentait une ascension si sereine, un élan si beau de la jeune inspirée du Cap Chat ? Il faut aller crier la bonne nouvelle : la Gaspésie a son poète !

« Cette fois, ma Patrie, c’est une femme qui te chante. Ne remets pas à demain, comme pour tes Crémazie, ton devoir de gratitude. C’est aujourd’hui, ma Patrie, qu’il te faut baiser le front de ton enfant.

« Un jour, l’Estuaire a vu une jeune fille s’asseoir près des flots. Le beau Golfe aux gracieuses mouët-