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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/93

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Auteurs féminins

Ce recueil a été accueilli encore avec plus d’enthousiasme.

« Je songe, nous disait M. l’abbé Groulx dans sa préface, à la révélation réconfortante que ces petits poèmes vont nous donner. Nous croyions que le spectacle de nos mœurs anciennes s’était effacé pour toujours et de partout, sous l’affreux maquillage moderne, et que les jeunes viendraient trop tard pour nous en laisser le tableau vivant. C’était presque une résignation acceptée qu’il fallait attendre, de l’étranger, la découverte et la mise en valeur de nos meilleures ressources d’art. Mlle Lamontagne a le bonheur de vivre dans une région enclose, gardienne mieux que la nôtre des vieilles choses et des vieilles habitudes. Et voilà que son œuvre n’ira pas seulement dévoiler au dehors l’inconnu poétique de notre pays ; elle nous révèle à nous-mêmes la réalité naissante d’un régionalisme savoureux.

« Ces nouveaux poèmes sont d’une autre gamme que ceux des Visions gaspésiennes ; et ils affirment l’ascension d’un talent. Voyons-y la fécondité généreuse d’affinités électives entre nos âmes et la terre natale. »

Et M. l’abbé Groulx, pour définir le charme spécial et pénétrant de cette poésie, écrit :

« Oui, dans cette poésie aux ailes montantes, la nature nous apparaît comme une échelle mystique, comme le verbe sensible d’une pensée divine. »

Puis il ajoute :

« Là-bas, de l’autre côté, on enrôlerait tout de suite la jeune poétesse dans “ L’Amitié de France ”, dans