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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/92

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Mlle Blanche Lamontagne

chent les rois de la forêt. Ce sont des souffles qui nous apportent un délicieux arôme du terroir. »

Et M. l’abbé Beaudé (Henri d’Arles), dans une étude très élaborée publiée dans son livre : Eaux fortes et tailles douces, tout en ne manquant pas de noter les imperfections de son œuvre, se plaît à nous dire :

« Qu’est-ce que la poésie ? Et par quoi le poète se distingue-t-il des autres mortel ? Peut être que la définition que Lamennais en a donné est-elle la meilleure que nous ayons et que l’on puisse jamais trouver. “La poésie consiste a saisir les rapports secrets des choses.” Le poète voit des entités subtiles qui échappent au plus grand nombre ; les réalités prennent à ses yeux des formes insoupçonnées ; le monde extérieur fait naître en lui une foule d’images et de pensées auxquelles son cerveau prête l’allure et la couleur de la vie.

« Or le chantre des Visions Gaspésiennes nous semble posséder la grâce magique de découvrir le mystère qui erre autour des choses et les enveloppe, d’extraire de la matière commune le sens et la beauté qui y dorment et que seuls les poètes savent éveiller. »

À chanter la beauté de la terre natale, les gens et les choses de chez nous et de chez elle, et à faire aimer la vie des champs, Mlle Blanche Lamontagne a évidemment voué le rêve de sa vie. En effet, en 1917, elle nous présentait un autre recueil de soixante-huit poèmes, intitulés : Par nos champs et nos rires.