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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/89

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Mlle Blanche Lamontagne

Quelques mois après ce congrès, ces trente-sept pièces primées étaient publiées en recueil sous le titre : Visions gaspésiennes, et M. Adjutor Rivard, le littérateur renommé que l’on connaît, en écrivait la préface. En voici les parties substantielles :

« Mlle Lamontagne aime ce qu’elle chante ; elle chante ce qu’elle croit… et ce qui caractérise surtout son talent poétique, c’est cette émouvante sincérité qui fait paraître un cœur jeune et ardemment épris.

« La muse de Mlle Lamontagne est avant tout canadienne ; que dis-je ? elle est gaspésienne ! Elle se plaît uniquement à dire les choses de chez-nous, et parmi les choses de chez nous, elle préfère les petites choses de chez elle. Cela est presque nouveau dans notre littérature.

« Ce qui caractérise encore l’auteur des Visions gaspésiennes, c’est donc qu’elle n’est et ne veut être qu’une poétesse paysanne ; c’est qu’elle ne chante et ne veut chanter que les gens et les choses de chez elle.

« Par là l’œuvre de Mlle Lamontagne est personnelle. Par la forme elle ne l’est peut-être pas assez. La poétesse gaspésienne n’a pas encore conquis toute sa liberté. Des rythmes entendus chantent à ses oreilles et elle en adopte volontiers les dessins. Cela peut priver le lecteur, ici et là, du plaisir de la surprise ; cela n’enlève rien au charme intime de cette poésie sincère. »

Fleuranges, en un petit poème, lui adressait un gracieux merci, et lui disait dans sa dernière strophe :