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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/85

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Mlle Clara Lanctôt

est triste, gémissante et ressemble à la poésie de sa sieur d’infortune en France, Mlle Marguerite Rosier :

 « Douce étoile qui brille au sein de l’empirée
En posant sur mon front tes reflets chaque soir,
Tu ne sais pas, hélas ! que mon âme est navrée,
Que le Ciel de ma vie est un ciel toujours noir !

« Silence de la nuit, calme de la nature,
Pourquoi ne rends-tu pas mon rêve plus heureux,
Pourquoi ne verses-tu dans mon cœur, sans mesure,
La douceur de la vie en des songes joyeux ?

« Je demande sans cesse à tout ce qui respire,
À l’univers entier, aux cieux mêmes, pourquoi
N’ai-je ma faible part à cet heureux délire
Dont tout être vivant sent l’indicible émoi ? »

Elle est bienfaisante, car elle augmente notre espoir en Dieu dans nos afflictions :

 « Ma lyre, réponds-moi, toi qui comprends mes larmes,
Dis-moi que le Seigneur de mon regard jaloux
Ne veut le réjouir que par ses divins charmes,
Qu’Il promet le bonheur à qui pleure à genoux. »

Elle nous apprend à prier Dieu dans nos angoisses :

“ Jette, Ô mon Dieu, de ta lumière,
Un clair rayon sur mon ciel noir,
Puisque jamais, sur cette terre,
Mes yeux ne s’ouvriront pour voir.

Du ciel fais briller l’espérance
Au pauvre cœur que tu comprends ;
Dans l’éternelle jouissance,
Dis-lui, Seigneur, que tu l’attends…