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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/77

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Gaëtane et Ginevra

celui de Ginevra qui pourrait faire des jaloux chez bien des écrivains du sexe fort.

« Je crois avec l’auteur que ce livre est avant tout une oeuvre d’observation et de sens commun. Par le fonds, il m’a vivement captivé, soit qu’il reflète la mentalité d’une femme qui n’est pas banale, ou qu’il me fasse pénétrer dans un coin de la vie intellectuelle et morale de la bonne société québecquoise.

« Il m’est précieux et comptera parmi les trouvailles dans ma découverte du Canada français, et m’a surtout montré que les femmes canadiennes sont en train de se tailler une chasse gardée, dans la littérature, par le journalisme. Ginevra a des sœurs, paraît-il, qui non contentes de nous charmer par leur copie, nous conservent ces fragments précieux de leur pensée, dans des publications comme celle-ci. C’est une nouvelle richesse. J’en augure bien pour l’avenir.

« Quant à la matière du livre, elle est riche et variée. Je préfère les sermons laïques de la première partie où elle se sert de tous les textes et prétextes pour son apostolat. Elle vise à orienter la vie de certaines femmes vers le mieux, signale les pièges à leur innocence, les exhorte à la vaillance et à la grandeur d’âme, leur rappelle les grands viatiques de la vie, montre la vie chrétienne comme la seule qui en vaille la peine et le Christ comme notre grande et essentielle espérance. Dans ces études, ces morceaux… ces sermons elle atteint souvent une éloquence poignante ; et ces sermons, tout en se ressemblant comme des frères, nous saisissent et nous tiennent.

« Elle a aussi, dans ce recueil, des études qu’elle intitule : Impressions et souvenirs, dans lesquelles on