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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/69

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Madeleine

rideau ayant pour titre : L’Adieu du poète. L’œuvre était d’une femme !… surprise et curiosité. Le jour de l’audition, tous se turent, même les plus irréconciliables ennemis du projet. On applaudit, les dons affluèrent, et la souscription fut rapidement couverte. Et voilà comment l’auteur du « Drapeau de Carillon » aura prochainement un monument. Son nom, dicté par la gloire, y sera tracé pour l’immortalité par une main de femme.

« Jamais succès ne fut plus mérité. J’ai sous les yeux ce dialogue, et j’en respire avec plaisir le parfum de patriotisme et de noblesse qui s’en dégage, à travers les inexpériences d’un début. »

Le 2 mars 1919, Madeleine faisait représenter à l’Orpbéum, à Montréal, en présence d’une foule compacte et d’une délégation française dont l’illustre général Pau était le chef, une autre pièce, intitulée : En pleine gloire.

Cette pièce a été composée pour glorifier l’héroïsme du soldat français et du 22e bataillon canadien-français en France, pour rappeler l’admirable esprit de dévouement qui le transporta sur la terre de France dans les combats les plus sanglants soutenue pour sa défense et son salut.

Madeleine se fait l’interprète des sentiments d’un lieutenant de ce fameux bataillon, et elle lui fait tenir le plus noble langage dans ses conversations, avec un colonel français, un mutilé de 1870 et père d’une jeune fille qu’il aimait. Puis elle raconte sa mort héroïque en présence de cette jeune fille