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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/66

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Auteurs féminins

les jardins impeuplés de mon imagination d’enfant, et pendant les promenades où je vous suivais les yeux clos, avez-vous entr’ouvert le Coin fermé de mon âme, et d’une main généreuse y laissâtes-vous tomber ce je ne sais quoi qui, depuis lors, s’agite en moi ?

« Par le seul prestige de votre exemple vous avez orienté la petite payse dans la voie littéraire où elle marche encore bien trébuchante, mais pleine d’ardeur, les yeux rivés sur le grand modèle. »

N’est-ce pas nous dire en un langage poétique les circonstances où s’est dessinée sa vocation littéraire et quelle fut la fée bienfaisante qui lui en a révélé les premières lueurs et les premières aspirations ? À cette vocation Madeleine a apporté une fidélité digne de toute louange. Sans négliger ses devoirs d’épouse et de mère, elle a donné à la littérature ses loisirs et ses veilles. Qui ne l’en féliciterait ?

L’amour de Madeleine pour ses compatriotes de langue française, auxquels elle se rattache par sa mère, est tout à fait remarquable. L’un de ses bonheurs est de les voir se distinguer dans les arts, les sciences, les lettres et dans toutes les sphères. De là tous les articles qu’elle a écrit pour signaler les succès de nos peintres, de nos musiciens, de nos littérateurs, de nos orateurs…

Qui ne connaît son affection pour la France ! C’est pour la faire aimer qu’elle a mis dans certaines pages tout l’enthousiasme de son âme, toute l’ar-