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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/62

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Auteurs féminins

aspects de la vie. L’auteur n’est pas du nombre de ces passants.

« Madeleine, au premier feuillet de son livre, nous dit : Tout le long du chemin je me suis penchée et hâtivement j’ai ramassé ces quelques brins de vie. Comme une sœur, l’œil bon, l’âme bonne, elle a regardé la nature et surtout, ses frères les hommes. Attentive, elle a écouté la plainte toujours émouvante de la souffrance. Des regards mouillés, des lèvres pâlies lui ont dévoilé bien des drames du cœur. Et ce livre est un mirage de la vie dont elle fut témoin.

« Pour dire la Vie, chanter son aube dans l’œil pur des petits, sa fleur sur la joue de la fiancée, son automne plein de lassitude, son hiver lourd de regrets dans l’âme des vieux, Madeleine a une langue attendrie, alerte et fine, ornée des richesses de sa sensibilité féminine.

« Son livre est fait du meilleur de son cœur. Il en est comme la fleur épanouie. Partout dans ces pages se révèle ce cœur attentif aux joies des hommes, à leurs pleurs étouffées, aux peines qui s’enveloppent de silence.

« Les petits ont surtout son amitié. Leur vie en croissance n’est que fraîcheur, grâce et pureté. Elle a des mots exquis pour dire ces choses exquises : visages d’enfants, âmes d’enfants et, surtout, peines d’enfants. Elle a été jeune et ne l’a pas oublié comme tant de femmes oublieuses de leur tendre passé. Elle fait avec une joie évidente les plus légers, les plus vivants portraits des petits comme si cette aurore évoquant son aurore la ramenait à la sérénité de ses heures d’enfance.

« Le cœur est riche. C’est de lui que viennent ses mots les plus vrais, les plus pétris d’humanité.