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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/61

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Madeleine

brumeux, l’histoire vraie mais non moins poignante de cœurs qui nous frôlent. C’est le désenchantement doux et résigné, l’amertume profonde de la déception, le martyr silencieux de l’oubliée.

« Elle est artiste cette mélancolie des choses meurtries, des vies inachevées… Ne prolonge-t-elle pas nos pensées jusqu’au royaume de l’idéal, jusqu’à l’immatériel et à l’éternité ?

« Les âmes profondément chrétiennes n’en sauraient être déprimées. S’élevant à une vision plus haute de la vie, elles diront avec le poète au Maître de l’épreuve :

Dans vos cieux, au delà de la sphère des nues,
Au fond de cet azur immobile et dormant,
Peut-être faites-vous des choses inconnues,
Où la douleur de l’homme entre comme élément.

Lisons encore cette délicieuse page du poète Albert Ferland, dans la Bonne Parole de décembre 1914 :

« Le long du chemin. » Les poètes trouvent pour leurs recueils de vers des titres évocateurs qui suscitent le rêve. Ici, un prosateur nous offre des paysages, des croquis d’intérieur, des portraits, des récits, des poèmes en prose, sous un titre qu’un poète aurait choisi.

« Le long du chemin surgissent des maisons, des passants, des paysages qui ont une âme, souvent pleine de beauté, mais comme inexistante pour des yeux indifférents, inaccoutumés à interroger les choses. Le long du chemin, d’habitude, on chemine prosaïquement, on est un passant incurieux des