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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/51

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Auteurs féminins

pleines de noblesse. Une page de sa plume fait doucement vibrer l’âme et la met au diapason de la prière. Son âme semble déjà avoir beaucoup souffert, et toute froissée à ce rude contact avec la vie, on la dirait prête à se replier sur elle-même comme la feuille de la sensitive. »

En 1904 paraissait son premier roman Avant la conquête. Du Journal de Françoise, nous détachons ce paragraphe d’un article écrit à son sujet par le poète-lauréat Louis Fréchette :

« C’est le roman historique que Mlle Bibaud cultive d’ordinaire ; et cette fois encore c’est un épisode romanesque qu’elle nous raconte, en l’encadrant dans les pages si palpitantes de notre histoire nationale, quand, trahie par le sort des armes et ruinée par les malversations de ses administrateurs, la nation canadienne est au moment de voir de nouvelles destinées s’ouvrir devant elle.

« Je ne louerai pas le nouvel ouvrage sans quelque réserve. Il y a encore de l’inexpérience dans le développement de son action. Mais on sent toujours que c’est le cœur qui parle chez elle ; ce sont des impressions vécues qu’elle nous communique, un courant de sincérité anime le récit, et c’est ce qui fait le principal charme de son travail. »

Subséquemment Mlle Bibaud publiait en 1906 trois nouvelles, de vingt à cinquante pages : Le secret de la marquiseUn homme d’honneurNoël, et en 1908, une autre nouvelle — Méprise —, puis en 1910, elle nous donnait son deuxième roman — Les fiancés de Saint-Eustache — et en 1912,