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Page:Bellerive - Brèves apologies de nos auteurs féminins, 1920.djvu/35

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Auteurs féminins

Fadette en a aussi fait l’éloge en ces termes, dans son travail lu au Congrès de la Langue française à Québec, en 1912 :

« Ce fut un événement dans notre monde littéraire : les petits tableaux rustiques, ces campagnards si finement observés, ce langage typique canadien, si drôlement saisi, la poésie agreste, naïve et charmante qui se dégageait de ces contes, charmèrent le public. C’était bien l’âme du pays que l’on retrouvait là, c’était notre campagne, nos habitants, leur foi un peu superstitieuse mais si sincère ; c’était le Canada aux mœurs simples et douces, aimé par Françoise, et rendu vivant sous sa plume d’artiste. »

Puis, en 1905, elle publiait une jolie saynète intitulée : Méprise, qui fit salle comble lorsqu’elle fut jouée, en novembre 1905, à la salle Karn, à Montréal.

Autant que ses écrits, il y a une précieuse relique qui rappellera sa mémoire et la rendra chère à tous, c’est la vieille cloche de l’ancienne église de Louisbourg, au Cap Breton, détruite par les Anglais au siège de cette ville en 1758. Si elle est aujourd’hui conservée au Château de Ramsay, à Montréal, c’est au patriotisme de Françoise que nous le devons. Ayant appris dans un voyage qu’elle fit à Halifax, en septembre 1895, que cette cloche devait être vendue aux enchères, Françoise se mit aussitôt à l’œuvre dès son retour à Montréal, et fit si bien par